Mes conseils pour débuter le tricot

J’ai commencé le tricot après la couture, il y a environ 3 ans en autodidacte de la même façon que la couture. Je suivais des comptes inspirants sur Instagram qui parlaient couture et tricot également. Au début, j’étais intrigué que l’on puisse arriver à tricoter des pièces aussi belles, modernes et tendance ! Cela me paraissais très compliqué, et puis j’ai décidé de me lancer petit à petit dans des projets simple pour me donner confiance.

Les vidéos Youtube et les livres tricot m’ont énormément aidé au début et encore maintenant ! Je n’ai pas eu la chance d’avoir une personne auprès de moi pour me montrer, mais avec l’envie d’y arriver et de la persévérance, on commence à comprendre comment monter des mailles, former des rangs, etc…

Toujours en admiration devant de très beaux tricots qui paraissent magique, je continue à en apprendre tous les jours dans ce domaine ! Avec cet article, je veux aiguiller les débutants en tricot pour donner envie au plus grand nombre de tricot soit-même sa garde robe et de prendre plaisir à se loisir que l’on pense trop souvent daté.

Les aiguilles droites ou circulaires

Traditionnellement on pense à de grandes aiguilles droites lorsque l’on évoque le tricot. On repense à notre enfance, une grand-mère ou une tante qui tricotait avec de grandes aiguilles qui faisaient peur. Mais le tricot a bien évolué depuis ce temps et tout ce petit monde est en pleine révolution !

Les aiguilles circulaires tendent à devenir la norme, car tous les patrons de designers indépendants qui nous font rêver se tricotent avec des aiguilles circulaires. Les aiguilles droites sont maintenant réservées aux patrons plus anciens, de type Drops ou Phildar, ou lorsque l’on tricote avec de très grosses aiguilles pour soutenir un peu mieux le poids du tricot sur les épaules notamment.

La grande différence entre les aiguilles droites et les aiguilles circulaires, se trouvent dans le poids du tricot qui repose exclusivement sur les aiguilles droites, alors qu’il est réparti sur le câble sur les aiguilles circulaires. Cette caractéristique explique pourquoi on peut parfois avec des douleurs au niveau des articulations des poignets ou du pouce lorsque le tricot est trop lourd sur les aiguilles et que le geste est trop répétitif. Les aiguilles circulaires sont donc parfaites pour éviter au maximum ce type de problème.

Je précise tout de même que le geste est absolument le même sur des aiguilles circulaires et des aiguilles droites : le montage de mailles, le maille endroit, la maille envers, etc…. La seule chose qui change est que lorsque vous tricotez en rond, pour obtenir un tricot jersey vous avez uniquement à tricoter des mailles endroit, même lors du deuxième rang ; alors qu’en tricot à plat sur des aiguilles droites, il vous faudra tricoter le deuxième rang = le rang envers en maille envers.

Il existe des aiguilles en bambou, métal ou plastique, et le choix des aiguilles restent très personnel. De mon côté, j’ai une préférence pour les aiguilles en métal qui font mieux glisser les mailles, alors que les aiguilles en bambou les retiennent davantage. Cela dépend également du type de laine tricoté et de votre ouvrage.

Chaque tricoteuse à ses préférences, je vous conseille de commencer par des aiguilles en bambou qui glissent moins et d’essayer plusieurs sortes pour vous rendre compte de vos préférences.

Le matériel de tricot

Le tricot nécessite peu de matériel pour débuter !

  • Une paire d’aiguilles
  • Du fil : Coton, laine, mohair, polyester, lin, vous pouvez tricoter toute sorte de fils.
  • Une petite paire de ciseaux : idéal pour couper le fil au besoin.
  • Un mètre ruban : il vous servira pour mesurer l’avancement de votre tricot, car souvent les patrons vous demandent de tricoter une certaine dimension en centimètre.
  • Un arrête maille : Une sorte de grande pinces à nourrice pour mettre les mailles en attente, un câble d’aiguilles circulaires ou un simple fil de laine peut suffire.
  • Une aiguille à laine : elle vous servira pour rentrer vos fils de début et de fin de tricot.
  • Des marqueurs de tricot : Ce sont des petits anneaux ou épingles à nourrice rondes qui permettent de marquer des repères dans votre tricot, par exemple entre une section de dentelle et du point jersey ou près d’une bordure.

Des marqueurs de tricot : il s’agit de petits éléments que l’on place entre deux mailles et qui permettent d’avoir des repères dans son ouvrage. On peut en acheter pour trois fois rien, mais des petites épingles à nourrice font parfaitement l’affaire.

La matière

On peut tricoter toutes sortes de fils, mais votre choix va dépendre de l’ouvrage que vous souhaitez tricoter. Si vous souhaitez tricoter un bonnet, il vous faudra une matière chaude et une épaisseur de fil plus importante.

Pour débuter avec un pull, je vous conseille un fil mérinos et nylon ou 100% mérinos qui est un fil chaud, moelleux et doux et qui ne vous grattera pas. Le seul inconvénient des laines 100% naturelle est le lavage à la main obligatoire, alors que les laines composées en partie de polyester ou traité « superwash » peuvent passer en machine au programme laine à très faible température. Cela dépend de votre ouvrage, car on aura tendance à davantage laver un vêtement pour enfant par exemple qu’un gilet adulte.

Les différentes matières

  • Alpaga : Il s’agit d’une fibre issue de l’Alpaga qui possède une toison haut de gamme très douce, chaude et plus légère que la laine de mouton.
  • Cachemire : La fibre est produite par les chèvres du Cachemire en Inde et le fil est très doux et haut de gamme.
  • Coton : On peut tricoter des fils à partir de fibre de coton. Le fil ne sera pas extensible, mais sera parfait pour des tricots de printemps et d’été car cela tient moins chaud que la laine.
  • Lin : La fibre de lin est réputé pour sa grande finesse et elle est adaptée à des tricots légers et aérien pour l’été.
  • Mérinos : Il s’agit d’une race de mouton provenant principalement d’Australie dont la toison est dense et résistante. Plus fine que la laine dite traditionnelle, elle ne pique pas.
  • Mohair : La fibre de mohair est issue de la toison de la chèvre de race angora, très fin, doux et duveteux.
  • Shetland : Il s’agit d’une fibre issue d’une race de moutons Shetland élevée sur les îles Shetland au nord de l’Ecosse. Le fil obtenu est duveteux et plus résistant.
  • Et bien d’autres encore…

Les différentes tailles de fils

Une fois la matière choisi, il faut sélectionner la grosseur du fil que vous souhaitez. Le patron de tricot que vous aurez vous indiquera toujours un rapport entre poids et métrage. Lorsque vous achetez votre laine, il est également inscrit sur l’étiquette le rapport poids et métrage de votre laine ainsi que la taille d’aiguille préconisé. A vous de faire le rapprochement entre votre laine et le patron de votre choix. Voici un petit récapitulatif succinct des principaux types de fils avec le métrage par poids.

  • Lace : 100gr – 800m
  • Light fingering : 100gr – 600m
  • Fingering : 100gr – 400m
  • Sport : 100gr – 280m
  • DK : 100gr – 200m
  • Aran : 100gr – 170m
  • Bulky ou Chunky : 100gr – 100m

La taille des aiguilles

Pour débuter, je vous conseille un fil ni trop gros pour ne pas vous faire mal au poignet, ni trop fin pour ne pas prendre trop de temps à finir votre premier ouvrage. Une laine sport ou DK tricoté en aiguilles 5 environ me paraît une bonne entrée en matière. Vous pouvez tout à fait réaliser un bonnet, une écharpe, et même un pull simple dans ces laines chaudes et épaisses.

L’échantillon

La taille des aiguilles sera toujours précisée sur votre pelote de laine ainsi que sur votre patron de tricot. Mais il est préférable de tricoter un échantillon pour s’assurer de la bonne taille d’aiguilles. Lorsque l’on débute, on tricote souvent un peu trop serré et cela peut être nécessaire de choisir une taille d’aiguilles plus importante pour tricoter votre modèle.

Un échantillon consiste à tricoter un certain nombre de mailles et de rangs pour obtenir 10cm x 10cm. Chaque patron de tricot précise l’échantillon et nécessaire un rapport entre le nombre de mailles, ainsi que le nombre de rangs et une dimension. Cela permet de s’assurer que votre modèle fera la taille souhaitée par le patron.

Je vous conseille pour commencer de monter 30 mailles environ et tricotez un carré au point jersey mais en tricotant 2 mailles de point mousse au début et à la fin du carré, ainsi que 2 rangs au début et à la fin. Cela permet d’éviter que les bords de l’échantillon ne roulottent.

Il faut bloquer (c’est-à-dire) laver votre échantillon pour s’assurer de sa taille finale avant de le mesurer. Sachant cependant que votre échantillon de 10cm s’étendra parfois moins que votre pull qui a plus de poids de laine.

Si l’échantillon n’est pas bon

Si votre nombre de mailles est trop grand pour 10cm, alors c’est que le tricot est trop serré, il faut tester avec des aiguilles plus grandes.
Et inversement, si votre nombre de mailles est trop petit pour 10cm, essayez avec des aiguilles plus petites.
Vous pouvez faire des échantillons jusqu’à obtenir le bon numéro d’aiguilles pour votre échantillon et vérifier que le « drapé » de votre tricot vous convienne (ni trop lâche, ni trop cartonné).

C’est principalement la largeur de l’échantillon et le nombre de mailles qui comptent, car la plupart du temps pour la hauteur les modèles précisent « tricoter jusqu’à 12cm de hauteur » et non « tricoter 24 rangs ». Si cela est le cas dans votre modèle, vérifier bien le nombre de rangs de votre échantillon.

Une autre technique consiste à sélectionner une autre taille pour votre modèle en fonction de votre échantillon. Il vous suffit de faire un produit en croix pour sélectionner la bonne taille de modèle.

Pour cela : (Largeur en cm du modèle X nombre de cm pour obtenir le bon nombre de mailles de votre échantillon) / 10 = Largeur en cm de votre tricot en suivant l’échantillon
Exemple 1: (110cm X 11cm) / 10cm = 121cm
Cela signifie que si je tricote en sélectionnant ces aiguilles, au lieu de 110cm de tour de buste, je vais obtenir 121cm (soit bien trop grand).
Si je change de taille de modèle et que je tricote la taille 100cm.
Exemple 2 : (100cm x 11cm) / 10cm = 110cm
Cela signifie que si je tricote la taille 100cm, en suivant mon échantillon avec la taille d’aiguilles, je vais obtenir 110cm de tour de buste.

J’espère avoir été claire, le mieux pour comprendre tout cela est de tester en réalisant des échantillons.

Les marques de laine

Il existe des grands nom de type laine industriels tels que :

Mais il existe aussi tout un univers de petits créateurs qui teignent des écheveaux de laine à la main pour obtenir des couleurs plus nuancées. Voici une petite liste des teinturières que j’ai eu l’occasion de croiser, et surtout des laines que j’ai pu tricoter.

Les écheveaux

La laine peut se présenter en pelote, de 25gr, 50gr ou 100gr le plus souvent mais parfois surtout lorsqu’il s’agit de teinture à la main, il s’agit d’écheveaux de 100gr environ.

Cela ne change rien sur le type de laine, simplement vous devrez vous-même mettre l’écheveau en pelote aussi appelé « cake » pour pouvoir la tricoter sans tout emmêler. Pour cela, vous avez besoin d’un bobinoire et d’un dévidoir, ou simplement d’un bobinoire et une bonne paire de bras d’un compagnon compréhensif, comme à mes débuts.

Laver son tricot

Il est toujours préciser sur l’étiquette de la laine, la façon dont vous devrez laver votre projet une fois tricoté. S’il s’agit d’un fil avec un pourcentage de polyester ou de nylon, vous pouvez le plus souvent le laver en machine au programme laine sans essorage, et effectuer l’essorage à plat sur une serviette.

Pour les fils 100% laine, il est indispensable de laver le projet à la main à température ambiante en le trempant une quinzaine de minutes avec un peu de savon spécial laine, puis de le rincer, et enfin l’essorer sans le tordre dans une serviette. Vous pouvez après sécher votre ouvrage à plat sur une serviette ou un tapis de blocage (un tapis de yoga fonctionne aussi parfaitement).

Bloquer son tricot

Le fait de laver son tricot et le sécher à plat, s’appelle aussi « le blocage », cette étape finale va permettre à votre tricot de gagner quelques centimètres parfois car la laine s’étend un peu, mais surtout de lisser les mailles et de les rendre plus uniforme même si votre façon de tricoter n’est pas parfaite.

Attention à ne pas malmener votre tricot en tirant dessus, la plupart du temps il suffit juste de le poser à plat pour éviter les plis et de garder une forme droite.

Les principales constructions d’emmanchure

Il existe différentes façon de tricoter un pull avec les aiguilles circulaires. On peut commencer en « top-down » du haut vers le bas, ou en « bottom-up » du bas vers le haut et le type d’emmanchures varient. Les techniques peuvent se mêler, mais voici les principales constructions d’emmanchure :

  • Le pull raglan : Les emmanchures raglan dessinent une ligne le long de l’épaule. Il s’agit le plus souvent de faire des augmentations de part et d’autre d’une ou deux mailles centrales.
  • Le pull Yoke : Le yoke consiste à répartir les augmentations tout le long du pull. On augmente ainsi un grand nombre de mailles (par exemple une augmentation toutes les 8 mailles) à un certain nombre de rang (par exemple rang 5 et rang 12).
  • Le pull épaules tombantes (forme boîte) : Pour ce type d’emmanchures, on tricote le corps presque droit sans rattacher le devant et le dos, puis on vient relever des mailles de long de la bordure pour obtenir les manches.
  • Le pull à manches montées : Il nécessite souvent des rangs raccourcis pour épouser la forme de l’épaule.

Tricoter en anglais

De nombreux modèles de tricot sont disponible en anglais, et vous allez vite craquer pour ces modèles, faites moi confiance ! Cela vous ouvre tout un champ des possibles infini ! Pas de panique si vous n’êtes pas bilingue, le tricot en anglais va droit au but, c’est un langage codé qu’il suffit d’apprendre pour s’en sortir.

Pour résumer à la place de dire « tricoter 4 mailles endroit, puis 2 mailles envers », le patron en anglais précisera « 4K, 2P ». K pour Knit = tricoter une maille endroit, et P pour Purl = tricoter une maille envers. Il existe un vrai petit lexique chez Along avec Anna, ou Lise Tailor avec son livre Je me mets au tricot.

Ravelry

Pour dénicher votre futur patron de tricot, vous pouvez fouiller dans les magazines de tricot Phildar ou Drops, mais il existe aussi tout un monde de designers indépendants qui créent des modèles très variés qui se regroupent sur la plateforme Ravelry.

Vous pouvez y créer un compte, c’est totalement gratuit et vous pouvez acheter directement en ligne vos patrons au format pdf. Il est aussi possible de suivre les designers dont le style vous plait, enregistrer les patrons que vous aimez dans votre liste de favoris pour mieux les retrouver.

Le site n’est pas forcément très ergonomique, mais c’est une mine d’or si on prend le temps de fouiller un peu. On peut se créer un profil et y poster ses créations tricotées et ainsi donner ses conseils et préciser la laine que l’on a utilisé, ce qui permet de donner des idées à toute la communauté.

Vous pouvez découvrir mon profil Ravelry Ateliersvila avec tous mes projets terminés, mes coups de coeurs et les designers que j’aime !

Mes créateurs de patrons favoris

Chaque designer tricot possède un style d’écriture de patron et de design auquel on est plus ou moins sensible. Les designers indépendants proposent des explications bien plus détaillés que les patrons plus traditionnels que proposent les marques de laines industrielles.

Voici ma petite liste de designers tricot favoris

Les patrons de tricot

Je tricote presque exclusivement des patrons de tricot dits « indépendant » c’est à dire de petits créateurs dont c’est le métier où un loisirs qu’ils proposent sur Ravelry.

Il m’arrive d’imprimer mes patrons ou simplement de les suivre sur ma tablette. Pour être certaine de bien suivre où je me trouve dans le patron, je gribouille et fais des marques sur le patron. En version imprimé avec un stylo et sur la tablette avec l’option écriture. Lorsque j’ai terminé un patron, cela ressemble toujours à un gribouillage d’enfant mais au moins je suis certaine de suivre les explications.

Votre premier projet

Pour débuter, je vous conseille quelques patrons simples et très accessibles pour ne pas vous décourager. Il est important de prendre du plaisir dans le geste de tricoter mais aussi dans l’objet fini pour progresser. Au fur et à mesure que vous choisirez des patrons de plus en plus compliqué, vous apprendrez de nouvelles techniques et vous aller vous sentir à l’aise.

Mon conseil : Ne commencez pas par un projet rébarbatif, comme une longue écharpe de plus d’2 mètres de long qui vous paraîtra durer une éternité. Préférez un bonnet, un vêtement pour enfant, et même un pull très simple qui vous motivera pour pouvoir le porter après.

J’ai rédigé un article avec une liste de modèles adaptés aux débutants pour vous lancer sans craintes !

Mon expérience

J’ai commencé le tricot en réalisant au moins 3 ou 4 trendy châle de Mlle Sophie. Ce modèle très connu de châle triangulaire au point mousse est très simple et parfait pour débuter et bien maitriser les mailles endroit. Des écharpes en jersey et au point de riz avec des laines épaisses pour me faire la main. Petit à petit j’ai sélectionné des modèles de plus en plus compliqué, jusqu’à me lancer dans mon premier pull : le pull Sur un Nuage de Lili comme tout.

A vous de jouer !

Si vous avez des questions sur le tricot, n’hésitez pas à les poster en commentaires pour que je puisse essayer d’y répondre et aider le plus grand nombre de débutants !

signature atelier svila
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